Pratiques de transhumance


Les archives historiques traitent des lois et taxes qui régissaient l’élevage de porcs dans cette région à partir du XVe siècle. Les porcs étaient alors traditionnellement amenés à la « glandée », c’est-à-dire à la pâture des glands, châtaignes, faînes qui tombaient en abondance en saison automnale. Les paysans étaient tenus de verser des « redevances » pour avoir le droit d’emmener les porcs sur les terres communales. « Les Rois de Navarre levaient sur les porcs qui pâturaient sur les « montagnes du roi » une contribution spéciale appelée « quinta » (cinquième), car au début, elle consistait à prélever un porc sur cinq ; cette imposition portait également un nom basque : yurdea, irurdea, ou ehiurdea. » (L’élevage des porcs en Basse- Navarre au XVIe siècle. E. Goyenetche. 1965) D’autres taxes, « dîme », « gabelle », « droit de pontage », « droits du marché », étaient imputées aux éleveurs.

Certains paysans prenaient même en pension des porcs « étrangers », engraissant ainsi des porcs qui ne leur appartenaient pas en tirant parti de l’abondance des ressources naturelles, ces ressources faisant défaut en plaine. La transhumance était donc une pratique courante à l’époque pour l’élevage porcin.

« Les Bas Navarrais pratiquaient en effet, pour leur compte,une forme d’élevage originale et très moderne dans sa conception, ainsi que l’expose la pétition des habitants de Mixte et d’Ostabaret : « Les porcs, disent-ils au Roi, nous les achetons maigres du Béarn, de la Soule, d’Armagnac, de Labrit et d’autres terres étant donné qu’ils n’ont pas de pâturage pour les élever, et quand ils sont engraissés, ils nous les rachètent et quelques uns louent nos lieux de pâture et nous vivons de cela, car autrement nous ne pourrions vivre ni habiter ces terres. » (L’élevage des porcs en Basse- Navarre au XVIe siècle. E. Goyenetche. 1965)

La disponibilité des parcours naturels conditionnait l’importance du cheptel porcin. « Plus grands sont les pacages et les forêts, sources de nourriture, plus l’élevage des porcs prend donc de l’importance : dans la vallée du Baztan, où les bois, les landes, et les pâturages couvrent plus de 80% du sol, l’élevage des porcs est considéré comme venant en importance après celui des bêtes à cornes. 30 000 porcelets au moins y naissent chaque année ». (Les modes de vie dans les Pyrénées orientales. Th. Lefèvre. 1933) A l’époque, l’image de la tirelire est bien expressive : on engraissait le porc à moindre coût, et celui-ci pouvait être consommé par la famille ou vendu en cas de nécessité. Marché aux cochons

D’après ces archives, on peut grossièrement esquisser une zone de prédilection de transhumance de porcs avec à cette époque. Cette zone devait correspondre aux parties montagneuses des provinces actuelles de Navarre et de Gipuzkoa pour la partie espagnole, de Labourd, de Basse-Navarre et de Soule pour la partie française, cette partie s’étendant également sans doute aux Hautes Pyrénées.